SOMMAIRE :
- CRITIQUE DE 2018 PAR EVA WOLFF
- PAGE DE 2017 DANS "LA GAZETTE DES ARTS"
- ARTICLES 2017 PAR CHANTAL GUIONNET-FUSCO
- TEXTE DE 2011 PAR NATHALIE SIMONET
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**CRITIQUE DE 2018 PAR EVA WOLFF =
La manière de peindre de Sophie Sala correspond à une réelle brutalité du pinceau, de grands traits puissants et sûrs, dénotant une forte personnalité. Elle esquisse une forme, la construit peu à peu, puis décide de la peindre.
Tel un démiurge, elle commence par prêter vie à son personnage en peignant ses yeux. "Quand on fait les yeux, il y a l'âme" (dit-elle).
Elle affirme encore: ."Quand je peins, j'essaie de me couper la tête.". C'est parce qu'elle se détourne du rationnel, de la ressemblance, de l'auto- portrait. Elle s'identifie fortement à l'expressionnisme, malgré l'influence revendiquée en direction de Matisse et de Picasso.
Chacune de ses figures sont comme les parties d'un hologramme, la représentation intégrale de sa personnalité réside dans chaque morceau du puzzle. "Je matérialise ce que je n'arrive pas à exprimer et que je ne sais pas moi-même." Elle opère sur les corps des distorsions spatiales -agrandissement, diminution, déformation- afin de traduire l'intérieur du corps souffrant plutôt qu'une fade esthétique extérieure.
Adepte du portrait, elle redéfinit le lien des corps avec l'espace, joue sur un fort contraste de couleurs pour en construire le volume.
Sophie Sala impose sa peinture par un premier plan immédiat, provocateur, décomplexé. Ces modèles -fiers, détachés, indifférents -, cadrés ou clairement coupés avec la liberté d'un Toulouse- Lautrec dessinant la Goulue ou Valentin le Désossé, dardent vers le spectateur un regard joyeusement mélancolique. Le fond de ses tableaux est lui tourmenté, bouillonnant, figure des courants d'air qui modèlent la figure.
Ses portraits comme "Le garçon bleu", "Le Diablotin"," Le Lord Jaune" ou "La fille au béret violet", éclatent d'insolence. "Cette peinture veut exprimer la joie.
"L'intention vient avec la couleur" dit-elle en commentaire du garçon bleu. Peu importe les corps dont ils se sont libérés, seul leur regard compte, empreint de l'attachement de leur créatrice. Ses nus, "La pensée grecque", "L'assise" ou "Feu follet" (entre autre) se jouent de la perspective ou de la proportion, puisqu'ils représentent les souples marionnettes du théâtre existentiel. Les bras, les jambes et les poitrines sont des obstacles dont il faut lever le tabou. Sophie Sala dissocie esprit et corps pour essayer de s'en libérer. Ce corps est la prison initiale et douloureuse qu'elle cherche à dominer et à vaincre.
L'analyse des oeuvres de Sophie Sala la situe dans un mouvement néo expressionniste, représenté par la lignée du Belge James Ensor, des Allemands Ernst Ludwig Kirchner et Emil Nolde, et surtout de Karl Schmitt-Rottluff, des Russes Chaïm Soutine (en particulier ses autoportaits déformés) ou Alexej von Jawlensky.
Mais aussi sa liberté de cadrage, sa thématique et son non- conformisme de la recherche esthétique font irrésistiblement penser au post- modernisme des Anglais Lucian Freud ou Francis Bacon.
Sophie Sala apprécie les comiques exacerbés du muet, Buster Keaton et Charlie Chaplin.
Ce qui caractériste son oeuvre se résume dans l'amour et l'humour: amour qu'elle porte à la vie, et cette sorte de rage mêlée d'humour la portant vers le surréalisme et l'absurde. Son crédo est "Avance et réfléchis ensuite."
L'évolution de Sophie Sala la pousse vers une dynamique des couleurs fauves, vers l'approfondissement de ses contrastes, vers une expressivité accrue, vers la continuation de cadrages innovants, vers une vision encore plus théâtrale de ses personnages, vers un nouvel eden où chacun, nu sur une île déserte, vivra heureux.
Fait à Bourg la Reine, le 12 juillet 2018, par Dr. Fabienne Eva WOLFF, Expert en Art,
Membre de l'association internationale Ars Mathématica
Conférencière scientifique,
Ancien professeur en Master 1 de l'école supérieure
de Restauration d'art, Ecole de Condé à Paris 15ème,
Email: wolff.fabienneeva@yahoo.fr
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Juin 2017, par Chantal Guionnet-Fusco, co-responsable d'International Art Gallery, Paris (article paru dans le magazine "La Gazette des Arts") :
La création lyrique de Sophie Sala
Personnages enjoués, le sourire aux lèvres, croquant, sans limite, la vie à pleines dents... L’oeuvre de Sophie Sala est une farandole vers laquelle chacun se sent porté.
La musique, les mots qui s’en détachent sont là pour transcrire une atmosphère heureuse, paisible... D’un optimisme à tous crins !
Car pour l’artiste auteur-compositeur-interprète, la métaphore est essentielle pour comprendre l’existence. C’est un catalyseur qui porte en lui les ferments de l’espoir, chasse les ténèbres et le chaos. Une écriture donc ouverte sur l’ailleurs qui, chez Sophie Sala, ne cesse d’évoluer. Un voyage initiatique dans lequel le spectateur est engagé à se confronter à la réalité, avec un regard autre, lui donnant ainsi la faculté d’aller plus loin.
Le choix de couleurs chaudes rend sa palette vibrante d’énergie. Par leur vérité et leur franchise, elles créent un nouveau rapport au monde. Sans masque ni artifice, ses toiles s’offrent à nous simplement, pour nous faire découvrir ce qu’elles ont de mystère, de messages glissés, bien au-delà des apparences. L’art est un langage, une parole, un acte qu’il nous faut décrypter.
A nous, ici, d’entrer dans le jeu, d’ouvrir la porte d’un labyrinthe dont l’issue est nimbé de poésie et de lumière.
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Mars 2017, par Chantal GUIONNET-FUSCO, co-dirigeante galerie AIG, Paris =
" Quand le soleil brille sur l’œuvre de Sophie Sala
Elle vient du Sud, tout comme son œuvre imbibée de lumière, aux couleurs chaudes et harmonieuses.
Des femmes, des formes, des expressions, tantôt gaies, tantôt mélancoliques…
La métamorphose de l’artiste nous surprend. Tant l’émotion est forte, prégnante.
Face à ses toiles, nous sommes en dialogue avec des personnages qui, de toute évidence, communiquent avec le spectateur. Nous voici en symbiose avec ce moment de partage que ces créatures nous offrent, sans complaisance, souvent dans le plus simple appareil.
Un message d’espoir, une empathie devant lesquels personne ne peut se soustraire.
Le travail de Sophie Sala est donc tout un symbole !
Un sourire à la vie, ses aspérités mais aussi l’immense bonheur qui nous transporte, nous élève…
C’est le reflet d’une société dont les attitudes transcrivent tant d’interrogations.
L’art de Sophie Sala ne se regarde pas, elle se lit, à travers la commissure des lèvres, un œil attendri ou transparaît un amour infini…
C’est l’être qui se cherche, redéfinit son espace, pour mieux avancer dans nos sociétés où l’avenir se déconstruit, nous plonge dans un malaise… D’où l’univers de la créatrice nous fait sortir, par une heureuse circonstance !"
Chantal GUIONNET-FUSCO.
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Juillet 2011, par Nathalie Simonet, amateur d’art,
" Du choc des couleurs pour atteindre la condition humaine
Peintures de Sophie Sala"
"Maîtres jongleurs, ils transforment le lieu et les personnes et usent de la comédie magnétique. Les yeux flambent, le sang chante, les os s'élargissent, les larmes et les filets rouges ruissellent.
Leur raillerie ou leur terreur dure une minute, ou un mois entier.
J'ai seul la clé de cette parade sauvage "
- de : Rimbaud, Illuminations, "Parade"
Sauvage, brute, frontale : telle se présente la peinture de Sophie Sala. Les acryliques sur papier laissent se succéder jongleurs, clown, diablotins, figures grotesques et figures de piété, mais le plus souvent des visages, dissimulés parfois en fleurs ou en composition abstraite.
Cette "parade" énigmatique de saltimbanques, entrée dans l'histoire de l'art avec James Essor, impose le masque comme dénominateur commun. Dans ce monde inversé, le vrai monde est sur scène. Nul hasard alors si Sophie Sala est aussi auteur-compositeur avec une réelle culture de la scène. Le clown, fut-il clown triste, c'est d'abord elle.
Ce défilé de masques s'impose par une peinture frontale. Le chromatisme tranché - trace d'une recherche poussée sur les associations de couleur - dit une vision du monde brute voire brutale.
La séparation nette des surfaces, le cerne noir qui entoure les figures pourraient évoquer la manière de Georges Rouault et ses références spirituelles à l'art du vitrail. Ce serait compter sans le mouvement. Ici, les visages bougent, l'air frémit, on sent la vie qui palpite. Pourtant, la spiritualité n'est pas absente et l'au-delà de l'homme apparaît au travers des masques.
La transcendance immanente apparaît dans les mouvements du pinceau, dans la couleur. Les visages sont en accord avec le monde.
Ainsi, alors que la manière expressionniste de Sophie Sala rappelle à bien des égards la pétiode de la toute fin du XIXè Siècle, (celle) d’ Edvard Munch, celle du « Cri », celle de « La Madone », l’émotion qui sourd ici est une émotion positive. Les couleurs disent ici un accord d’humeur bienveillant entre l’homme et le monde. Et si les regards restent étonnés, c’est que la recherche sans fin de l’identité surprend.
Identité complexe, doubles, couples, miroirs : cette peinture nous montre une quête et nous invite à entrer dans la danse…dans la parade !"
Nathalie Simonet.
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